Sri Râmakrishna

Le plus grand mystique de tous les temps

« Si on savait combien de temps on met pour naître en tant qu’humain, on ne perdrait pas une seule seconde pour essayer d’atteindre la libération finale dans cette vie-là ! » (Sri Râmakrishna)

Sri Râmakrishna est l’un des plus grands enseignants spirituels de tous les temps au même titre que Bouddha, Jésus Christ, Shankara…

La vie de Sri Râmakrishna est unique… il a atteint la plus haute illumination, appelé « Nirvikalpa Samadhi » qui est l’état d’absorption totale, dénuée de conscience individuelle : c’est-à-dire la pure vacuité, la réalisation ultime !

Tout au long de sa vie, Râmakrishna a suivi diverses voies spirituelles venant de toutes les religions du monde : l’hindouisme, l’islam, le bouddhisme, le christianisme, le soufisme, le tantra, le monisme du Vedanta (fondement philosophique ancestral des Védas). 

A chaque nouvelle rencontre mystique, Râmakrishna décidait de faire table rase de ses pratiques du moment, afin d’étudier les nouveaux enseignements qui venaient à lui… De sorte qu’il expérimenta les visions, les dogmes venant de tout horizons, tout en poursuivant sa quête de l’Absolu. C’est ainsi qu’il affirma que toutes ces voies mènent à la même Réalité.

Sri Râmakrishna est né le 18 février 1836 au Bengale dans une famille de brahmanes très pauvres, où il est le dernier d’une fratrie de 4 enfants et décède à l’âge de 50 ans. Les noms des 3 frères commençaient tous par Ram en l’hommage au Dieu Rama qui était vénéré par ses parents. C’est vers l’âge de ses 6 ans qu’il connut sa 1ère transe spirituelle. 

Selon la tradition, le jeune garçon doit recevoir le cordon sacré lors de son initiation à l’âge de 9 ans et de recevoir sa 1ere obole (modeste offrande qui est souvent sous forme d’argent) par un autre membre de sa caste. Mais Sri Râmakrishna décide de la recevoir d’une femme de basse caste, marquant ainsi un tournant majeur en s’érigeant contre les règles et les préjugés qui persistent, hélas, encore aujourd’hui en Inde. 

Son village Kamarpukur était le lieu de passage de beaucoup de pèlerins dont des personnes hautement mystiques avec lesquels il conversait régulièrement. 

Le Temple Dakshineswar Kali

A l’âge de 20 ans, il devient prête dans un des temples de la déesse Kali : le Temple Dakshineswar Kali, auprès de son frère aîné Ramkumar qui était de 30 ans son aîné. Ce temple fut construit sous l’égide d’une riche veuve Rani Rasmani en 1855 où Râmakrishna y séjourna une grande partie de sa vie. C’est là, qu’il vécut des expériences mystiques fortes à travers des visions de la déesse Kali elle-même. Il restait des heures en contemplation devant sa divinité, se perdant dans la dévotion tout en écoutant avec profondeur les chants des dévots du temple. 

Avec le temps, le sommeil diminua ainsi que son besoin de nourriture, ainsi son temps méditatif augmenta allant parfois jusqu’à 24h d’affilée… Il vivait chaque jour un peu plus le bonheur de l’extase. Guidé par cet océan de félicité, il prodiguait des enseignants à tout chercheur qui venait à lui.

Sa femme Sarada Devi, la Mère Divine

A 23 ans, de peur qu’en devenant trop spirituel il perde pied, sa mère lui demanda de se marier. Suite à un présage, il lui désigna Sarada Devi (alors âgée seulement de 5 ans) qui commença à vivre à ses côtés seulement à ses 18 ans. Il adora sa femme toute sa vie et s’adressa à elle comme étant la Sainte Mère. Jamais son mariage ne fut consommé, son épouse était pour lui divine et restera chaste toute sa vie. Reconnue comme étant une très grande mystique, sa femme fut sa 1ere disciple. Elle vécut encore 35 années après sa mort et fut à l’origine du mouvement religieux naissant.

Râmakrishna s’habillait parfois comme une femme pour mieux servir la déesse Kali, la Mère : c’était pour lui une pratique comme une autre.

A 25 ans, il fut initié au Tantra, le culte de la Shakti, par une ascète féminine nommée Bhairavi Brahmani. 64 grandes sadhanas tantriques font partie du fondement d’apprentissage afin de purifier l’esprit et établir la maîtrise de soi… L’une des parties du fondement du Tantra est de transcender les barrières entre le sacré et les activités impies. Pour cela, il est demandé au disciple de s’adonner à des pratiques paraissant contraires à la foi comme manger de la viande ou s’abandonner à des rapports sexuels. L’histoire dit que Râmakrishna n’avait pas souhaité à aller jusque-là, n’en trouvant pas l’intérêt et considérait même un obstacle à sa vie spirituelle. Il découvrit aussi les techniques yogiques pour la Montée de la Kundalini qui jouera un rôle important dans la poursuite de sa quête.

Baba Tota Puri, gourou qui enseignait les fondements du Vedanta

Plus tard, un mendiant grand, nu, affublé d’une chevelure remplie de dreadlocks arriva sur les ghats du temple. A la rencontre de Râmakrishna, il fut impressionné par sa dévotion où il voyait s’émaner de tout son corps une lumière merveilleuse. Il se demanda comment un tel être pouvait vivre ici dans ce lieu rempli de pratiques tantriques sexuelles. 

Il lui proposa un enseignement basé sur la discipline védantique, l’une des plus anciennes au monde. Le Vedanta se base sur l’affirmation de l’unité indivisible de l’être, c’est-à-dire que tout ce qui constitue le cosmos, matière et esprit sont fondamentalement indissociables.

C’est ainsi que Râmakrishna accepta Baba Tota Puri, comme son nouveau gourou, allant ainsi vers une nouvelle voie de renoncement… Il appris la libération des désirs comme celle par exemple d’avoir un conjoint, des enfants, un corps beau et attirant, de l’argent, des biens, etc. 

La pratique la plus difficile pour Râmakrishna fut la pratique de la « conscience non-duelle » afin d’atteindre la non-forme. 

Baba Tota Puri resta au temple auprès de Râmakrishna pendant des années et eut avoir la joie d’être le témoin privilégié de l’aboutissement de toute une vie celle d’atteindre l’état de « Nirvikalpa Samadhi ». Après s’être mis en assise dans une méditation profonde comme lui avait enseigné baba Tota Puri, le corps de Râmakrishna, au bout de quelques jours, devint rigide comme du bois avec une respiration à peine perceptible… C’est à ce moment là, que Tota Puri su que son élève avait atteint l’état d’éveil ultime, absolu…

Le Bouddha atteint l’état ultime Nirvikalpa Samadhi – Image: buddhajourney.net

L’état même de « Nirvikalpa Samadhi » est considéré par le bouddhisme comme étant la plus haute élévation spirituelle jamais expérimentée par l’homme. Cet état de vacuité est exceptionnellement rarement atteint par les humains même une fois dans la vie et même de manière éphémère. Cependant, Sri Râmakrishna vivait cet état d’extase tous les jours de sa vie, ce qui est inconnu dans l’histoire spirituelle de l’être humain.

La vie de Râmakrishna est d’une telle richesse, faites de rencontres, de pratiques, d’apprentissages et de transformations. Il rencontra en 1866 Govinda Roy qui l’initia à l’islam, puis en 1873, le christianisme en lisant la bible. 

Tout au long de sa vie spirituelle, il n’a cessé de parler de la Mère qui est à l’origine de tout, que tout est Mère, la Shakti au cœur de la création…

Il mourut en 1886 d’un cancer de la gorge et nomma avant son départ Vivekananda son succession qui popularisa les enseignements du Vedanta à travers le monde. Il fit connaître Râmakrishna avec une grande dévotion et humilité. Il constitua avec quelques disciples le premier Ordre de Râmakrishna, une voie religieuse axée sur la Bhakti (dévotion), le véritable Tantra et le Vedanta.

L’un de ses disciples Mahendranath Gupta nota pendant des années les discours de Râmakrishna avec une grande fidélité et les appellera « Les entretiens de Râmakrishna ». Traduit par la suite en français par Charles Maix.

Le message de Sri Râmakrishna est simple : quelque soit la religion ou direction de croyance, le plus important est de garder en soi une pensée authentique, sincère, pleine de dévotion et d’amour…

(Sources : youtube Vedanta selon Ramakrishna et Wikipédia version anglaise)

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